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Une des clé de l’efficience : le salarié heureux !
Une évidence non ? Le salarié qui rejoint son entreprise le matin, d’un pas assuré parce qu’il est heureux de la perspective de sa future journée va, si tant est que sa mission soit bien définie et que son encadrement soit performant, produire du bon travail. Du bon travail, c’est de la richesse pour l’entreprise. Du bon travail, c’est une assurance pérenne de qualité et de satisfaction du besoin réalisé par l’entreprise, qu’elle soit à dynamique commerciale, industrielle, de service ou de service public.
Les grands principes de la motivation peuvent se résumer assez simplement : évoluer dans un environnement sain, sécurisé et où règne une forme de justice, assurer une mission reconnue et proportionnée aux aptitudes de la personne, avoir la possibilité de s’exprimer, même dans une forme contrainte, et enfin s’assurer un revenu suffisant pour vivre très convenablement en fonction des critères sociologiques actuels.
Tout ceci mérite évidemment un développement, qui amènera à la thèse selon laquelle une personne équilibrée et satisfaite (moralement, intellectuellement, physiologiquement et financièrement) sera créatrice de richesse, au contraire d’une personne dont l’unique objectif est la survie et l’acceptation de toute forme de structure, de contrainte et de tâche pour l’atteindre.
Depuis une trentaine d’années, petit à petit, la pression sur le salarié s’est accrue. Les plans sociaux lui expliquent que le CDI n’est qu’un leurre et que sa collaboration avec la structure peut s’arrêter à tout instant. Le stress engendré est important et l’on vit actuellement avec un fond perpétuel d’angoisse lié à l’insécurité professionnelle et à ce qui en découle. Les objectifs, le calcul des performances, l’efficience, les entretiens d’évaluation, les directives trop sèches ou au contraire l’absence de directive, des managers intermédiaires parfois mal formés et qui ne voient leur rôle que comme un surveillant chef plutôt que comme celui d’un capitaine, le spectre des délocalisations engendrées par une mondialisation trop vite acceptée, sans réflexion sur l’homogénéisation des niveaux de vie, sont autant de concepts qui ont mis le salarié dans l’étau de la contrainte de performance. On n’attend plus de lui qu’il réalise ses tâches et obéisse ainsi à sa fiche de poste, on veut qu’il soit au top ! Il convient d’en tirer le maximum, d’assécher totalement le potentiel, de rentabiliser l’investissement. Si en plus, il peut se taire, par peur de perdre son principal moyen de survie, c’est l’idéal pour le système. Celui-ci écrase ainsi des cohortes de personnes compétentes mais humaines et donc parfois fragiles, motivées et consciencieuses, mais pas équipées pour un tel combat. Elles n’ont pas signé pour une sorte de KOH-LANTA moderne où le Conseil élimine le plus faible à chaque épreuve !
Si l’on reprend les fondamentaux, le système créé par l’homme est uniquement élaboré dans le but d’améliorer son existence. Nous avons dépassé cette étape depuis longtemps. Le système est emballé, victime des parts sombres de son succès et devient un monstre brutal et dénué d’humanité qui broie être humains, petites entreprises, créativité, et tout ce qui concourt au bonheur de l’humanité.
L’Homme supporte et survit, dans une forme d’esclavage moderne digne des romans de science-fiction des années 60-80.
Aucune richesse ne peut être créée par des gens démotivés qui ne travaillent que pour survivre.
Cette erreur d’appréciation entraîne le système vers sa seule voie, une fin malheureuse et triste, probablement violente et brutale.
Remettre l’humain au cœur du système est l’unique option à retenir pour maintenir le modèle. Ceci n’est nullement contradictoire avec la génération de richesses et l’obtention de bénéfices pour ceux qui investissent car des gens bien formés, bien payés, heureux de leur travail et soucieux de la vie de leur structure, qu’elle soit publique ou privée, sont la composante principale de la prospérité nationale, européenne ou mondiale !
Un modèle managérial basé sur le respect des personnalités de chacun, sur la prise en compte de critères et qualités humaines inexorables tels les différences de rythme, les facilités des uns et les difficultés des autres, les appétences individuelles…
Enfin, un modèle professionnel intégrant les phases de vie et retenant comme principe que nous ne sommes pas linéaires pendant 50 ans ! Notre vie est faite de phases hautes et de phases basses, de périodes de performance et d’autres où les événements nous rendent moins « compétitifs », moins « au top ». L’unique modèle basé sur l’âge (jeune, mûr, senior) est insuffisant. Il est même fondé sur une escroquerie, dérive du système, expliquant aux masses que finalement, le seul moment où l’on vaut quelque chose sur le marché du travail et où l’on a le pouvoir de s’y marchander avec avantage se situe dans la tranche 35-45 (trop jeune et manquant d’expérience avant, trop vieux et pas assez « malléable » après !). Il oublie la fougue créatrice des jeunes et l’expérience indispensable des séniors, reléguant en « défauts » ce qui constitue des forces au service de la croissance.
Il est temps que la politique reprenne la main et ne soit plus, elle-même, au service du monstre, n’ayant plus aucune marge de manœuvre et faisant de nos élus de gentils gestionnaires de l’existant.
L’Homme doit reprendre la main, repenser le système dans l’unique intérêt de son bonheur durable. Tout le monde en tirera un énorme bénéfice, les « petits » comme les « gros ». Une population aisée, motivée et travaillant dans des conditions attractives, respectueuses de l’être est un formidable générateur de richesses !
Vincent TRELY