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Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 19:43

Les NTSH au Service de L’Hôpital

Par Vincent TRELY, DSIO CH LE MANS

 

 

Cet article se déroule en 2020.

EPISODE 3 : 11h10 – 11h45 - LE BLOC

Le Docteur REUBEL voit la porte des blocs 3 à 6 s’ouvrir  à son arrivée, le badge RFID de sa carte CPS étant reconnu dès son arrivée en zone de bloc. L’automate de distribution des vêtements stériles récupère ses mensurations via sa carte CPS et après avoir tourné quelques secondes, il s’arrête sur une tenue règlementaire numérotée à sa taille. Après l’avoir enfilée et s’être lavé les mains, la caméra de contrôle du protocole affiche une led verte qui déclenche l’ouverture du sas de bloc. Il se dirige alors vers le numéro 4, le tableau d’affichage géant numérique de l’entrée lui ayant permis de vérifier que c’est bien la salle habituelle qui lui est attribuée et que le patient est en salle, endormi.

Le mur d’écran de 8 mètres  de large sur 2 de haut est divisé en 5 zones : à gauche, les images numériques de l’IRM qui ont été choisies défilent selon le choix vocal du chirurgien, qui se sert également de fonctions de zoom, ou du moteur de recherche vocal; il peut, lorsque c’est nécessaire, afficher la reconstruction de ces images en 3D et les mobiliser dans l’espace à l’aide de mouvements retransmis par les capteurs du bracelet qu’il porte sous sa blouse stérile. Juste à côté,  le dossier médical numérique est en mode « interrogation », c’est à dire prêt à afficher sur ordre tout document ou toute donnée disponible.

La zone centrale transmet le film en temps réel de l’opération, construit à l’aide de 4 caméras miniatures disposées dans le bloc ; le chirurgien règle ses propres paramètres avant chaque intervention. A droite de cet écran, la procédure détaillée de l’intervention, avec d’abord la checklist dont les items se valident  à la réponse verbale des différents intervenants, et dont seule la validation complète  autorisera l’allumage du scialytique ; puis les temps opératoires successifs, celui en cours en surbrillance, avec pour chacun la liste des matériels nécessaires. 

Sur la zone la plus à droite,  les constantes présélectionnées apparaissent clairement, en temps réel et selon le modèle ergonomique choisi par le chirurgien. C’est aussi sur cet écran que s’affiche le morceau musical éventuellement sélectionné  ou le visage du correspondant en ligne, par exemple en cas de demande d’examen histologique extemporané, le médecin anatomopathologiste; celui-ci dans ce cas peut bénéficier de la vision du champ opératoire et discuter d’un éventuel prélèvement supplémentaire en fonction de la demande du chirurgien.

C’est aussi dans cette zone que le chirurgien peut faire apparaitre un document de référence, par exemple un extrait de film du traitement d’un cas similaire, ou d’une complication particulière, que lui ou l’un de ses collègue a sélectionné dans son expérience et mis en réserve dans la vidéothèque professionnelle nationale de la société savante.

Ces modules, déjà largement utilisés dans ce bloc, constituent la base du progiciel d’aide à la décision chirurgicale qui sera bientôt déployé.  Ce logiciel « intelligent » est basé sur les protocoles et les bonnes pratiques d’usage, mais s’enrichit également au fur et à mesure des interventions, personnalisant ainsi l’aide qu’il apporte au chirurgien selon ses propres pratiques… Certains l’utilisent peu, uniquement en mode « crise », d’autres en ont fait une sorte de GPS qui les conduit tout au long de l’opération, préférant se conformer très strictement au protocole de référence. Les nouveaux médecins l’acceptent maintenant immédiatement et poussent au déploiement rapide sur l’ensemble des blocs, c’est d’ailleurs un argument pour le recrutement des nouveaux praticiens…

Les dizaines de capteurs disposés à l’intérieur des cloisons, faux planchers et faux plafonds renvoient en temps réel une multitude d’informations aux Services Techniques, au centre de contrôle biomédical et au SPIN (température, taux d’humidité, répartition O2, CO2, entrées-sorties, inventaire permanent des matériels présents, activation des fonctions de maintenance préventive dès l’usage, indications sur le temps restant avant la nouvelle mise à disposition des équipements…). Les infirmières utilisent certains de ces paramètres qu’elles visualisent sur l’écran mural de contrôle de zone. Le praticien plus rarement, mais cela lui permet par exemple de contrôler la température en salle, en accord avec les anesthésistes. Les Services Techniques et Biomédicaux sont eux en charge de répondre à la moindre alerte émise par un matériel en cours d’usage.

Arrivée à la fin de l’intervention le chirurgien demande le silence puis dicte son codage T2A, immédiatement intégré au logiciel de gestion du bloc et transmis via une interface gérée par un EAI vers le système informatique de facturation. C’est la facturation au fil de l’eau… dans sa plus parfaite fluidité. Il dicte ensuite sa prescription, qui elle, génère un ordre de mise à disposition au robot de dispensation nominative de la PUI. Le pneumatique transmettra dans quelques minutes le sachet contenant la prescription, à l’exacte dose. Les deux hommes échangent quelques mots pendant que les infirmières passent aux code-barres rapide les quelques matériels nécessitant une traçabilité totale.

A la fin de son intervention, le Dr Reubel, qui avait promis d’assister un de ses anciens internes passe en salle de télé chirurgie ; il salue son jeune confrère en mission dans une zone d’opération humanitaire, qui opère dans une salle d’op installée sur le bateau proche de la côte, vérifie le bon fonctionnement de la vidéotransmission et s’installe pour enfiler les gants avec retour de force, en face de son collègue ; il l’assiste pendant toute la phase délicate, dirigeant de son bloc les pinces du robot installé sur le bateau. Etant formateur depuis plusieurs années, il a acquis une grande expérience dans les techniques déportées qui lui permettent de valider l’acquisition de nouvelles techniques opératoires pour tous les étudiants qu’il forme en vidéo transmission depuis son bloc.

Une fois le passage délicat de la procédure passé, le Dr Reubel quitte la salle et le bloc, et passe au vestiaire , où une aire de repos calme permet la dictée en reconnaissance vocale du compte rendu et du courrier d’accompagnement  au médecin traitant , directement intégrés au dossier et mis en correction à la secrétaire, afin d’être validé dès son retour dans le service.

Tout le monde ayant quitté le bloc, les robots de rangements finissent leurs tâches puis le bloc passe en mode stérilisation (4 minutes pour la stérilisation et 8 pour le séchage). La préparation prend ensuite 5 minutes, les robots ayant déjà sélectionné le matériel spécifique à l’opération suivante. Les infirmières se préparent et 20 minutes plus tard, un jeune chirurgien se présente, déclenchant l’allumage du mur d’écrans paramétré selon ses désirs.

La modernisation des blocs et l’apport des nouvelles technologies ont permis d’obtenir un seuil de rentabilité de 10% supérieur à celui requis par le contrat du Pôle. De nombreux chirurgiens demandent à intégrer l’Hôpital, premier grand établissement totalement numérique…

Par VSM
Chef de Service en Chirurgie

 

Par Vincent TRELY
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